Inflammation : Amie ou ennemie du triathlète ?

Inflammation aiguë vs. chronique chez le triathlète

L’inflammation est une réaction naturelle de ton corps face au stress, qu’il s’agisse d’un entraînement intensif ou d’une blessure.

En tant que triathlète, tu es exposé à deux facettes de l’inflammation : aiguë et chronique.

L’inflammation aiguë survient juste après un effort important ou un traumatisme – par exemple, après une grosse séance ou une compétition, tes muscles endommagés libèrent des signaux inflammatoires.

Ce processus aigu est bénéfique et nécessaire : il déclenche la réparation musculaire et les adaptations à l’entraînement (amélioration de l’endurance, renforcement musculaire, etc.).

En général, ces marqueurs inflammatoires montent en flèche puis reviennent rapidement à la normale une fois la récupération entamée[1].

Par exemple, on observe chez les coureurs d’ultra-triathlon une élévation marquée de cytokines comme l’IL-6 (interleukine-6) immédiatement après la course, suivie d’un retour aux valeurs de base dans les heures ou jours suivants[1].

En revanche, l’inflammation chronique correspond à un état de « feu » continu de basse intensité dans l’organisme.

Elle peut survenir si ton corps n’a pas le temps de pleinement récupérer entre les sollicitations, ou en cas de mode de vie inadéquat (sommeil insuffisant, stress permanent, alimentation déséquilibrée).

Cette inflammation latente peut être néfaste pour le triathlète : elle est associée à la fatigue persistante, à un risque accru de blessures, et à un affaiblissement du système immunitaire.

Elle est l’ennemie des performances sur le long terme.

Heureusement, l’entraînement d’endurance bien conduit tend à réduire l’inflammation systémique de base chez les athlètes : en effet, des études montrent qu’à long terme, l’exercice modéré à vigoureux augmente les cytokines anti-inflammatoires (telles que l’IL-10 et IL-1ra), ce qui aide à maintenir une faible inflammation de fond et à éviter l’immunosuppression[2][3].

En clair, ton mode de vie sportif peut t’offrir un terrain anti-inflammatoire propice – à condition de ne pas tomber dans l’excès et le surentraînement.

L’inflammation induite par l’endurance prolongée

Chaque discipline du triathlon (natation, vélo, course) impose un stress soutenu à ton organisme.

Lorsque tu enchaînes les trois sur de longues distances, le stress cumulatif est énorme et déclenche une réponse inflammatoire aiguë spectaculaire.

Pendant un effort d’endurance prolongé, tes muscles libèrent des myokines (cytokines musculaires) comme l’IL-6 en grandes quantités.

L’IL-6 est souvent pointée du doigt car son niveau peut être multiplié par des dizaines, voire des centaines après un Ironman ou un ultramarathon[4].

Mais il faut savoir que cette cytokine a un rôle paradoxal : au-delà d’être un marqueur d’inflammation, l’IL-6 stimule aussi la production de molécules anti-inflammatoires (telles que l’IL-10 et IL-1ra) qui protègent ton corps d’une inflammation excessive[2][4].

C’est un mécanisme de régulation : ton corps allume un « feu contrôlé » pour réparer les dégâts de l’exercice, tout en libérant des « pompiers » biochimiques pour circonscrire ce feu.

Évolution de l’IL-6 plasmatique lors d’un triathlon extrême ( sur 3 jours) : l’IL-6 augmente fortement pendant la compétition (pic post-course), puis redescend en phase de récupération[4]. L’élévation transitoire des cytokines pro-inflammatoires est accompagnée d’une hausse de cytokines régulatrices anti-inflammatoires, limitant l’inflammation excessive.

Des revues scientifiques récentes confirment cette flambée inflammatoire transitoire après les épreuves d’endurance.

Par exemple, juste après un triathlon longue distance ou un marathon, on enregistre des hausses importantes de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, IL-8, TNF-α, etc.) et anti-inflammatoires (IL-10, IL-1ra) dans le sang[5][4].

On observe aussi une élévation des marqueurs de dommages musculaires comme la créatine kinase (CK) et la protéine C-réactive (CRP) [1].

Cela illustre, par exemple, l’augmentation drastique d’IL-6 mesurée chez des athlètes d’ultra-triathlon entre l’avant et l’après-course.

Ces réactions font partie du processus normal d’adaptation : elles signalent aux systèmes de ton corps de se renforcer (système immunitaire, réparation musculaire, amélioration métabolique).

Cependant, elles expliquent aussi pourquoi tu peux te sentir complètement « rouillé » dans les jours suivant une course : courbatures (DOMS), fatigue généralisée, et parfois ce qu’on appelle la fenêtre immunitaire ouverte (quelques heures à jours après l’épreuve où le risque d’infection augmente, justement parce que ton système immunitaire était occupé à gérer l’inflammation).

La bonne nouvelle, c’est que si cette inflammation aiguë post-exercice est bien gérée (récupération adéquate, nutrition appropriée), elle s’estompe spontanément.

En temps normal, ton corps revient à l’homéostasie inflammatoire assez vite – typiquement en 24 à 48 heures pour des épreuves moyennes, un peu plus pour un Ironman – et ce « coup de fouet » inflammatoire laisse place à des muscles plus forts et résistants. En revanche, si tu enchaînes trop rapidement les efforts intenses sans récupérer, l’inflammation peut ne pas retomber complètement et devenir plus chronique, ce qui, comme évoqué, est délétère.

Des symptômes comme une fréquence cardiaque au repos élevée, des douleurs articulaires diffuses ou une baisse durable de performance peuvent indiquer que ton niveau d’inflammation systémique reste élevé – un signe de surmenage à prendre au sérieux.

Suppléments antioxydants : quel impact sur performance et récupération ?

Face à l’inflammation induite par l’exercice, beaucoup de triathlètes se tournent vers les antioxydants (vitamines, polyphénols, etc.) pensant ainsi accélérer la récupération.

L’idée paraît logique : les antioxydants neutralisent les radicaux libres et pourraient donc atténuer l’inflammation et les dommages musculaires induits par l’effort.

Mais que disent les études récentes en 2024-2025 sur le sujet ? Les résultats montrent un tableau contrasté, un vrai jeu à double tranchant.

Vitamines C et E.

Ces vitamines antioxydantes sont très populaires, mais leur effet dépend beaucoup de la dose et du timing.

En dose modérée (dans le cadre d’une alimentation riche en fruits et légumes par exemple), elles contribuent à réduire le stress oxydatif sans perturber les processus d’adaptation à l’entraînement[6]. Cependant, des doses élevées en continu peuvent interférer avec les bénéfices de l’entraînement d’endurance. Des recherches ont montré qu’une supplémentation quotidienne de 1 g de vitamine C (souvent combinée à de la vitamine E à forte dose) peut entraîner une moindre amélioration des performances d’endurance et une atténuation de la biogenèse mitochondriale induite par l’entraînement[6][7].

En clair, un excès d’antioxydants supprime une partie des signaux oxydatifs nécessaires aux adaptations musculaires. Par exemple, des athlètes ayant pris 1000 mg de vitamine C + 235 mg de vitamine E chaque jour pendant 11 semaines ont présenté moins de progrès en VO₂max qu’un groupe placebo, suggérant que ces hautes doses ont « surprotégé » les cellules et gêné les ajustements à l’entraînement[7].

À l’inverse, d’autres travaux indiquent que pris au bon moment, ces vitamines peuvent aider à la récupération musculaire. Une prise ponctuelle de vitamine C avant ou juste après un exercice intense pourrait réduire les marqueurs de dégâts musculaires et l’inflammation aiguë (ex. diminution de l’élévation de l’IL-6 post-exercice)[8][9], ce qui peut t’aider à enchaîner les séances difficiles en limitant les courbatures. Autrement dit, la vitamine C ne va pas te faire courir plus vite le jour J, mais peut éventuellement te permettre de mieux récupérer après une grosse sortie, surtout si tu en manques dans ton alimentation. Retiens que « plus » n’est pas toujours « mieux »* : des apports modérés et réguliers via l’alimentation (fruits, légumes) sont largement suffisants pour couvrir tes besoins antioxydants et soutenir ta santé sans brider tes progrès[6][10].

Polyphénols et extraits de fruits (cassis, cerise, grenade, etc.).

Les polyphénols sont des antioxydants naturels présents dans les végétaux qui suscitent un grand intérêt pour la performance et la récupération. Plusieurs d’entre eux ont des propriétés anti-inflammatoires reconnues. Par exemple, les anthocyanes (pigments rouges/violets) du cassis, de la cerise griotte ou de la grenade peuvent aider à atténuer les courbatures et l’inflammation après l’exercice[11][12].

  • Cerise acidulée (griotte) : Le jus de cerise Montmorency est devenu un classique des stratégies de récupération. Les dernières études confirment qu’une cure de jus de cerise autour d’une compétition d’endurance peut réduire les douleurs musculaires et certains marqueurs sanguins de l’inflammation. Une méta-analyse récente a ainsi montré que la consommation de cerise acidulée autour d’un effort diminuait significativement la CRP et l’IL-6 post-exercice (effet modéré mais bien présent), surtout lors d’efforts prolongés comme un marathon[11]. En d’autres termes, boire du jus de cerise dans ta phase de récupération pourrait t’aider à diminuer les courbatures et l’inflammation plus rapidement qu’à l’accoutumée. Les athlètes rapportent souvent une sensation de jambes moins lourdes et une meilleure restauration de la force dans les jours suivant une cure de cerise. Attention toutefois à ne pas en attendre des miracles sur la performance directe : son rôle se situe vraiment au niveau de la récupération et de la réduction des dommages musculaires, ce qui indirectement te permet de mieux performer à long terme en enchaînant les séances avec moins de fatigue accumulée.

  • Cassis (extrait de cassis néo-zélandais) : Le cassis est extrêmement riche en anthocyanes, au point qu’on le retrouve sous forme de compléments pour sportifs. Des recherches menées sur des triathlètes et cyclistes d’endurance indiquent qu’un extrait de cassis peut avoir des effets métaboliques bénéfiques pendant l’effort. Une étude de 2024 sur un triathlète Ironman a observé qu’une prise aiguë de 300 mg d’extrait de cassis (apportant ~420 mg d’anthocyanes) 2 heures avant un effort prolongé améliorait l’utilisation des graisses comme carburant (augmentation de l’oxydation des lipides) et entraînait une fréquence cardiaque plus basse pour une intensité donnée[13][14]. Le sujet ressentait même une perception d’effort moindre pour le même exercice[15]. En clair, le cassis pourrait t’aider à mieux endurer un long effort en économisant ton glycogène, un peu comme si ton corps tournait plus “gras” que d’habitude, retardant ainsi la fatigue. Des travaux précédents avaient également noté une réduction du lactate sanguin pour une même charge de travail[16][14]. Ces effets sont prometteurs, mais la plupart des études sur le cassis restent de petite taille (parfois des études de cas comme ici). Si tu envisages de tester le cassis, fais-le d’abord à l’entraînement pour voir comment ton corps réagit.

  • Grenade (jus ou extrait) : La grenade est un autre fruit rouge riche en polyphénols (punicalagines, anthocyanes) dont on a exploré les effets chez les sportifs. Les résultats convergent pour montrer une amélioration de la récupération musculaire et une baisse de l’indice de douleur après des exercices excentriques (type musculation ou course en descente qui provoquent beaucoup de micro-lésions)[17]. Par exemple, boire 500 mL de jus de grenade par jour pendant quelques jours avant et après un exercice traumatisant a permis d’accélérer le recouvrement de la force musculaire de 2 à 3 jours par rapport à un placebo[18]. Des athlètes ont également noté moins d’inflammation et de courbatures. Côté endurance, plusieurs études (y compris de 2023) suggèrent un léger effet ergogène de la grenade : de meilleurs temps jusqu’à l’épuisement et une amélioration du VO₂max ont été observés chez des cyclistes ou coureurs prenant un extrait concentré pendant 1 à 2 semaines[19][20]. Ces bénéfices pourraient venir des nitrates naturels de la grenade (amélioration de la circulation) et de ses antioxydants (réduction du stress oxydatif). Bien que les résultats sur la performance pure restent mitigés et dépendants des doses, l’ensemble des études s’accorde à dire que la grenade aide surtout à diminuer l’inflammation et les dommages liés à l’effort[21][12]. Pour toi, intégrer du jus de grenade ou un extrait standardisé pourrait donc signifier moins de douleurs post-course et possiblement une meilleure qualité d’entraînement les jours suivants.

En résumé, les suppléments antioxydants doivent être utilisés avec finesse. Ils peuvent être utiles en période de charge intensive ou de compétition pour atténuer l’inflammation et accélérer la récupération (pense aux jus de fruits riches en polyphénols, ou à des doses modérées de vitamine C au bon moment). D’ailleurs, les chercheurs notent que ces composés ont en général un effet positif sur la santé globale et la récupération musculaire [22].

Toutefois, une surconsommation chronique (notamment de vitamines C et E à haute dose) risque de freiner tes gains en endurance en neutralisant des signaux adaptatifs bénéfiques[6][7].

Notre conseil : privilégie d’abord l’assiette comme source d’antioxydants (fruits variés, baies, légumes colorés, épices comme le curcuma) pour profiter de leurs bienfaits sans excès.

Réserve les compléments (cassis, cerise, grenade, voire curcumine) aux périodes où l’inflammation est à son pic (block d’entraînement très intense, enchaînement de compétitions) et toujours en testant leur effet sur toi en amont.

Souviens-toi que l’objectif n’est pas d’éradiquer totalement l’inflammation (elle fait partie du processus d’adaptation), mais de la moduler pour qu’elle ne t’empêche pas de progresser.

Stratégies nutritionnelles et hygiène de vie pour maîtriser l’inflammation

Au-delà des compléments spécifiques, ton mode de vie global joue un rôle majeur dans le contrôle de l’inflammation. Voici les approches prouvées efficaces pour prévenir ou moduler l’inflammation, que ce soit via la nutrition, la récupération ou l’entraînement.

Alimentation anti-inflammatoire du triathlète

Ce que tu mets dans ton assiette peut soit attiser le feu, soit l’apaiser. Une alimentation équilibrée riche en produits bruts et variés agit comme un véritable bouclier anti-inflammatoire.

Concrètement :

  • Fruits et légumes à volonté : Ils apportent vitamines (C, E, β-carotène…), minéraux et polyphénols qui combattent le stress oxydatif de l’exercice. Une étude souligne que les antioxydants provenant des végétaux aident à réduire le stress oxydatif induit par un triathlon et soutiennent les fonctions métaboliques, musculaires et cardiaques[23]. En consommant abondamment des végétaux (5 portions ou plus par jour, de toutes les couleurs), tu fournis à ton corps de quoi tempérer l’inflammation tout en favorisant la récupération. Par exemple, les flavonoïdes des baies ou du raisin améliorent la circulation sanguine et réduisent la production de cytokines pro-inflammatoires.

  • Oméga-3 vs. oméga-6 : Les graisses ont aussi leur mot à dire. Un bon apport en oméga-3 (poissons gras, huile de lin, chia, etc.) est associé à des effets anti-inflammatoires notables.

    Ces acides gras donnent naissance à des molécules appelées résolvines, qui aident à “éteindre” l’inflammation une fois la réparation enclenchée.

    Chez les triathlètes, une supplémentation en oméga-3 a montré des bénéfices, comme une meilleure synthèse musculaire et resynthèse du glycogène après l’effort[24].

    Inclure du poisson gras (saumon, sardine, maquereau) 2 fois par semaine ou prendre un complément d’huile de poisson peut donc contribuer à accélérer ta récupération en réduisant les courbatures et inflammations résiduelles.

    À l’inverse, limite les excès d’oméga-6 pro-inflammatoires (huiles de maïs, tournesol en grande quantité, aliments ultra-transformés frits) qui, consommés en trop grande proportion par rapport aux oméga-3, tendent à favoriser un terrain inflammatoire.

  • Épices et plantes anti-inflammatoires : N’hésite pas à pimenter (raisonnablement) et épicer tes plats. Le curcuma (riche en curcumine), le gingembre, l’ail, ou encore le thé vert (catéchines) possèdent des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes intéressantes pour le sportif.

    Par exemple, la curcumine a montré qu’elle peut moduler positivement le statut inflammatoire chez des athlètes masters[25][26].

    Intégrer ces aliments peut t’aider à atténuer les petites inflammations chroniques liées à un gros volume d’entraînement.

  • Éviter les excès délétères : Certains choix alimentaires peuvent au contraire entretenir un état inflammatoire bas. Sans surprise, l’alcool, les sucres ajoutés en grande quantité, les produits ultra-transformés riches en acides gras trans ou en additifs, sont à consommer avec modération. Ils favorisent le stress oxydatif et la production de molécules pro-inflammatoires.

    Cela ne veut pas dire d’éliminer tout plaisir, mais garde en tête que plus tes bases alimentaires seront saines, plus ton corps sera armé pour encaisser les entraînements sans flamber.

Enfin, n’oublie pas que bien manger inclut aussi manger suffisamment.

Le déficit calorique chronique (syndrome de RED-S, ou Relative Energy Deficiency in Sport) peut augmenter l’inflammation et perturber l’immunité. Assure-toi donc de combler tes besoins énergétiques, surtout en phase de grosse charge.

Un apport adéquat en protéines (environ 1,5 g/kg/j pour un athlète d’endurance sérieux) est crucial pour la réparation musculaire et contribue également à moduler l’inflammation (les acides aminés comme la leucine stimulent la reconstruction tissulaire, limitant ainsi la durée de l’inflammation aiguë post-exercice).

Sommeil et récupération : tes alliés anti-inflammatoires

Ne sous-estime jamais le pouvoir d’une bonne nuit de sommeil sur ton niveau d’inflammation.

Le sommeil est le moment où ton corps passe en mode “réparation et régénération”.

À l’inverse, le manque de sommeil agit comme un stress inflammatoire silencieux.

Des recherches ont montré qu’une privation de sommeil même partielle induit une augmentation des marqueurs inflammatoires circulants, notamment une hausse de l’IL-6 et de la CRP dès le lendemain[27].

En clair, accumuler des nuits trop courtes (ou de mauvaise qualité) peut maintenir ton corps dans un état d’alerte inflammatoire permanent, comparable à un surentraînement.

Tu risques alors de te sentir plus courbatu que de raison et de tomber plus souvent malade.

Assure-toi donc de dormir suffisamment (idéalement 7 à 9 heures par nuit pour un triathlète intensivement entraîné) et de favoriser une bonne hygiène de sommeil : couchers réguliers, environnement frais et sombre, pas d’écrans juste avant de dormir, etc.

Après une séance particulièrement éprouvante ou une compétition, offrir à ton corps une nuit prolongée (et éventuellement une petite sieste le lendemain) accélérera la résorption de l’inflammation aiguë.

C’est durant le sommeil profond que sont libérées des hormones anabolisantes (hormone de croissance, testostérone) qui stimulent la réparation musculaire et freinent les processus inflammatoires.

Le sommeil aide aussi à réguler le cortisol (hormone de stress) : un sommeil de qualité maintient un rythme cortisolien normal (pic le matin puis diminution), alors que trop peu de sommeil laisse le cortisol élevé plus longtemps, ce qui entretient l’inflammation[28].

En somme, bien dormir est l’un des recovery hacks les plus efficaces et… les plus naturels pour toi !

Outre le sommeil, pense à intégrer des techniques de récupération dans ta routine.

Le simple fait de programmer régulièrement des jours légers ou de repos complet est essentiel pour que l’inflammation retombe et que la surcompensation ait lieu.

Tu peux également recourir à des méthodes comme le froid (bains froids, cryothérapie) ou la compression après les gros efforts. Ces outils non nutritionnels peuvent apporter un soulagement en réduisant l’inflammation locale et les douleurs musculaires.

Par exemple, l’immersion en eau froide (10-15 °C) pendant 10 minutes après l’effort est efficace pour diminuer l’apparition des DOMS et l’inflammation musculaire perçue[29][30].

De même, le port de vêtements de compression favorise le retour veineux et pourrait réduire légèrement le gonflement et les marqueurs de dommages musculaires[31].

Attention toutefois : ces méthodes, si elles sont très utiles en période de compétition pour enchaîner les épreuves, peuvent légèrement atténuer les signaux d’adaptation si utilisées systématiquement après chaque entraînement[29].

En pratique, utilise-les de façon ciblée (après une séance clé ou une course) mais permets aussi à ton corps, lors de certains entraînements, de gérer naturellement l’inflammation sans toujours la “court-circuiter”. L’objectif est un juste milieu entre récupération optimisée et adaptation maximale.

Entraînement polarisé et gestion de la charge

La façon dont tu structures ton entraînement a un impact énorme sur la réponse inflammatoire de ton corps. Un adage en endurance dit : « dans le doute, fais-en moins mais mieux ».

Un entraînement polarisé – c’est-à-dire comprenant une majorité de séances en endurance douce (zone 1) et quelques séances très intenses (zone 3), avec peu de volume à intensité moyenne trop stressante – est considéré comme optimal pour progresser tout en évitant l’excès de stress inflammatoire.

Les études sur les athlètes d’endurance montrent que ceux qui adoptent un schéma polarisé ou pyramidal (beaucoup de Z1, un peu de seuil et un peu de haute intensité) réussissent à maximiser leurs adaptations cardiovasculaires tout en limitant les signes de fatigue chronique[32][33].

À l’inverse, enchaîner trop de séances à haute intensité ou passer de longues périodes à intensité intermédiaire sans vraie récupération peut élever continuellement des hormones de stress comme le cortisol, et déclencher un état inflammatoire persistant délétère[34][35].

Concrètement, si tu fais 10 heures de sport par semaine, il vaudrait mieux que ~8 heures soient à faible intensité (endurance fondamentale, aisée, qui favorise les adaptations aérobie sans suractiver l’inflammation) et seulement 2 heures très dures (fractionnés, seuil, musculation...).

Ce ratio permet d’éviter la monotonie à intensité moyenne qui épuise l’organisme.

Des travaux ont montré que des plans d’entraînement avec trop de haute intensité augmentent les marqueurs inflammatoires et perturbent la récupération du système nerveux autonome (FC de repos élevée, variabilité cardiaque diminuée)[35].

Au contraire, un plan polarisé bien conduit n’induit pas d’augmentation chronique du cortisol ou de l’IL-6 au repos – signe que ton corps assimile bien la charge[34]. Donc, n’aie pas peur de ralentir sur tes sorties en endurance : ces “zonnes faciles” construisent ta base aérobie sans t’enflammer (littéralement). Réserve l’intensité pour les séances clés, bien espacées, et tu récolteras les bénéfices sans payer le prix de l’inflammation chronique.

Écoute ton corps est un maître-mot ici.

Si tu détectes des signaux de fatigue excessive (troubles du sommeil, baisse d’appétit, irritabilité, fréquence cardiaque inhabituelle, douleurs qui traînent), allège immédiatement la charge pendant quelques jours. Il vaut bien mieux prévenir l’emballement inflammatoire que devoir le guérir en subissant un arrêt forcé. Intègre dans ta planification des semaines allégées ou de récupération toutes les 3-4 semaines d’entraînement intensif, afin de laisser le processus inflammatoire régresser et permettre à ton organisme de surcompenser.

Cette alternance entre charges et récupérations fait des merveilles pour progresser en minimisant le risque de blessures ou de syndrome de surentraînement.

Conseils pratiques pour maîtriser ton inflammation 🏊🚴🏃

En appliquant une approche globale – entraînement intelligent, nutrition adaptée, récupération optimisée – tu vas faire de l’inflammation une alliée de ton progrès plutôt qu’un facteur limitant. Voici quelques conseils pratiques à garder en tête (n’hésite pas à t’y référer régulièrement) :

  • Varie les intensités et respecte tes allures d’endurance fondamentale : Ne fais pas toutes tes séances à fond. Les sorties faciles (où tu peux tenir une conversation) construisent ta capacité aérobie sans créer d’inflammation excessive. Réserve les efforts durs aux séances clés, et espace-les pour bien récupérer[35]. En clair, “mollo le lundi si tu as tout donné le dimanche”.

  • Planifie du repos et du sommeil de qualité : Prévus des jours OFF ou très légers chaque semaine. La nuit, vise 8 heures de sommeil récupérateur (voire plus après un Ironman). Un bon sommeil est ton meilleur anti-inflammatoire naturel : il calme le cortisol et fait baisser IL-6 et CRP[27]. Tu te réveilleras plus frais, avec des muscles régénérés. Astuce : couche-toi à heures fixes et bannis les écrans bleus tard le soir pour optimiser ton sommeil.

  • Mange arc-en-ciel et anti-inflammatoire : Chaque jour, remplis ton assiette de couleurs et d’aliments entiers. Des fruits rouges aux légumes verts feuillus en passant par les oméga-3 du saumon ou des graines de lin, tous apportent des composés qui calment l’inflammation (vitamines, polyphénols, bons acides gras). Limite au contraire la malbouffe ultra-transformée et l’alcool, qui risquent d’entretenir des inflammations sournoises. Hydrate-toi aussi correctement : un muscle bien hydraté souffre moins et évacue mieux les déchets métaboliques pro-inflammatoires.

  • Teste les alliés naturels de la récup’ : Après une compétition ou un gros enchaînement, pense au jus de cerise, à la grenade ou même à intégrer du curcuma dans ton alimentation. Ces petits coups de pouce naturels, riches en antioxydants, peuvent t’aider à réduire les courbatures et accélérer la récupération[11][12]. Mais rappelle-toi qu’ils ne remplacent pas une bonne diète globale ni le repos : ce sont des bonus.

  • Soigne les détails de récupération : Après un effort exténuant, offre-toi 15 minutes de bain froid ou enfile tes manchons de compression, et fais un peu d’étirements légers. Ces gestes favorisent la circulation, diminuent le gonflement et peuvent atténuer l’inflammation locale (tout en te faisant du bien mentalement)[29]. Toutefois, ne rends pas ces méthodes systématiques après chaque séance : garde-les pour les moments où tu en as vraiment besoin (sinon, laisse ton corps s’habituer et se renforcer naturellement).

  • Écoute ton corps et ajuste : Tu es celui qui ressens les signaux internes. Si malgré tout tu te sens “inflammé” (douleurs diffuses, fatigue qui ne passe pas, rythme cardiaque anormalement élevé), prends-le au sérieux. Allège l’entraînement, dors plus, consulte un spécialiste si besoin (parfois une carence en fer ou magnésium peut amplifier l’inflammation ressentie). Mieux vaut lever le pied 3 jours que d’être arrêté 3 semaines. Ton corps t’envoie souvent des messages – ne les ignore pas.

En appliquant ces conseils, tu apprendras à travailler avec ton corps et non contre lui.

L’inflammation deviendra alors un baromètre que tu sauras gérer : un coup de fouet nécessaire quand tu te dépasses, puis un feu que tu sais éteindre à temps par une récupération avisée.

Armé des données scientifiques les plus récentes, tu peux désormais adapter ton entraînement et ton mode de vie pour rester performant tout en préservant ta santé. Alors, prends soin de toi, reste attentif aux signaux inflammatoires, et continue à te dépasser intelligemment – ton corps te le rendra bien lors de tes prochains triathlons ![34][2]

Benoît Faucher (MKDE)

[1] [2] [3] [4] [5] Impacts of different triathlon races on systemic cytokine profile and metabolic parameters in healthy individuals: a systematic review | BMC Sports Science, Medicine and Rehabilitation | Full Text

https://bmcsportsscimedrehabil.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13102-023-00763-8

[6] [7] [8] [9] [10] [22] Antioxidants and Sports Performance

https://www.mdpi.com/2072-6643/15/10/2371

[11] Acute Dosing Strategy with Vistula Tart Cherries for Recovery of Strenuous Exercise—A Feasibility Study

https://www.mdpi.com/2072-6643/16/16/2709

[12] [17] The Effects of Pomegranate Supplementation on Markers of ...

https://cdn.nutrition.org/article/S2475-2991(25)00019-8/fulltext

[13] [14] [15] [16] Beneficial Physiological and Metabolic Effects with Acute Intake of New Zealand Blackcurrant Extract during 4 h of Indoor Cycling in a Male Ironman Athlete: A Case Study

https://www.mdpi.com/2411-5142/9/3/141

[18] Pomegranate Supplementation Accelerates Recovery of Muscle ...

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5072630/

[19] [20] [21]  "Effects of Pomegranate Supplementation on Strength, Endurance, and Pos" by Abby Swearinger

https://digitalcommons.jsu.edu/ce_jsustudentsymp_2025/79/

[23] [24] [29] [30] [31] Triathlon: Ergo Nutrition for Training, Competing, and Recovering

https://www.mdpi.com/2072-6643/17/11/1846

[25] [26] (PDF) Impact of the Mediterranean Diet on Athletic Performance, Muscle Strength, Body Composition, and Antioxidant Markers in Both Athletes and Non-Professional Athletes: A Systematic Review of Intervention Trials

https://www.researchgate.net/publication/384912067_Impact_of_the_Mediterranean_Diet_on_Athletic_Performance_Muscle_Strength_Body_Composition_and_Antioxidant_Markers_in_Both_Athletes_and_Non-Professional_Athletes_A_Systematic_Review_of_Intervention_Tri

[27] [28] How sleep deprivation can cause inflammation - Harvard Health

https://www.health.harvard.edu/healthbeat/how-sleep-deprivation-can-cause-inflammation

[32] [33] [34] [35]  Six weeks of polarized functional interval training with large training load reductions does not affect performance gains compared to traditional workouts - PMC

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11604715/

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