Le RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport) correspond à un déséquilibre prolongé entre les dépenses énergétiques (entraînement + métabolisme + vie quotidienne) et les apports caloriques. Autrement dit : tu dépenses plus d’énergie que tu n’en donnes à ton corps.
Quand cet écart — appelé parfois Low Energy Availability (LEA) — se maintient, le corps commence à rogner sur des fonctions “non essentielles à court terme” : hormones, os, immunité, récupération, etc. Résultat : performance en berne et santé fragilisée.
Le concept a remplacé l’ancienne notion de “triade de l’athlète féminine” pour montrer que tous les athlètes — hommes et femmes — peuvent être touchés.
Le triathlon combine trois disciplines très exigeantes : natation, vélo, course — souvent plusieurs séances par semaine, parfois enchaînées.
Volume d’entraînement élevé
Dépenses caloriques importantes
Enchaînements exigeants : transitions, multi-sport, récupération requise
Si tu ne compenses pas par des apports nutritionnels adaptés, la balance penche vite du mauvais côté. Tu es dès lors potentiellement vulnérable au RED-S.
De plus, la pression de “rester léger pour performer”, l’envie de “doser chaque gramme” ou un suivi nutritionnel approximatif peuvent aggraver le risque.
Quand le RED-S s’installe, les effets peuvent toucher de nombreux systèmes :
💥 Métabolisme ralenti : fatigue chronique, récupération difficile.
⚙️ Fonctions hormonales perturbées — troubles menstruels chez les femmes, baisse de testostérone chez les hommes, perturbation de la synthèse protéique, régulation osseuse altérée.
🦴 Santé osseuse fragilisée : risque accru de fractures, de fractures de stress, densité osseuse réduite.
🩹 Système immunitaire affaibli : fatigue, blessures fréquentes, récupération longue, infections répétées.
🏃♂️ Performance en berne : baisse d’endurance, de force, de concentration ; tolérance à l’effort réduite.
🧠 Santé mentale : irritabilité, perte de motivation, troubles de l’humeur — les effets d’un stress physiologique durable.
Bref : courir après toujours plus de volume ou d’intensité sans nourrir ton corps, ce n’est pas un pari gagnant. Ton corps peut tenir un temps, mais il finit par lâcher — et ce sont tes performances et ta santé qui trinquent.
Sois attentif si tu observes plusieurs de ces signaux sur plusieurs semaines :
fatigue persistante, récupération longue, sensation d’épuisement malgré le repos
diminution de la performance, augmentation de la fatigue lors des entraînements
perte de poids involontaire, fonte musculaire, difficulté à maintenir la masse maigre
pour les femmes : troubles du cycle, irrégularités, aménorrhée — pour les hommes : baisse de force, énergie, libido, récupération lente
blessures plus fréquentes, fractures de stress, plus de casse
humeur changeante, irritabilité, baisse de motivation
Si tu notes 2–3 de ces alertes, considère les comme un signal d’alarme.
🔸 1. Suivi de ta “disponibilité énergétique”
Estime ta dépense moyenne (entraînements + métabolisme + vie quotidienne)
Compare-là aux apports caloriques — si tu es souvent en déficit → un signal d’alarme
🔸 2. Adapte ton alimentation à ta charge
Priorise : protéines – glucides – graisses saines + micronutriments essentiels (fer, calcium, vitamine D, vitamines, etc.)
Après grosses séances / longues distances : fais attention à bien recharger (glucides + protéines + hydratation)
Ne cherche pas à rester “léger à tout prix” — la performance durable passe par un bon carburant
🔸 3. Planifie des phases “light / récupération”
Intègre des semaines “allégées” à ton plan d’entraînement : moins d’intensité ou volume, plus de récupération
Ton corps a besoin de cycles, surtout en période de charge
🔸 4. Surveille tes indicateurs de santé
poids, humeur, sommeil, fatigue, blessures, cycles (pour les femmes), libido / récupération (pour les hommes)
note tout changement inhabituel, même subtil
🔸 5. En cas de suspicion : fais un bilan complet
consultation médecin du sport / diététicien / kiné / nutritionniste
bilans possibles : densité osseuse, marqueurs hormonaux, nutrition, composition corporelle, bilan sanguin
🔸 6. Mets la santé avant tout — sur le court comme le long terme
Le RED-S, c’est souvent un déséquilibre progressif, silencieux. Mieux vaut corriger tôt pour éviter les dégâts sérieux.
Le bon réflexe : la prévention avant tout
Je t’assure : ton corps est ton outil principal.
Tu veux enchaîner les kilomètres ? Super. Mais n’oublie jamais : pour performer durablement, il faut bien nourrir ce moteur, le laisser récupérer, et ne pas le pousser à vide.
Quand tu adoptes une approche globale (entraînement, nutrition, récupération, écoute de ton corps), tu dégages le meilleur de toi-même — tout en préservant ta santé.
Benoît Faucher (Kinésithérapeute)