Le syndrome fémoro-patellaire (SFP), ou « douleur antérieure du genou », est l’une des blessures les plus fréquentes chez les triathlètes.
Tu le connais peut-être sous un autre nom : syndrome rotulien, genou du coureur, knee pain après le vélo… Peu importe comment tu l’appelles, une chose est sûre : quand ton genou te fait mal à chaque montée de marche ou dès que tu accélères, ton entraînement devient un enfer.
Bonne nouvelle : dans 90% des cas, un triathlète revient au top en quelques semaines avec un programme bien construit.
Aujourd’hui, on sait exactement pourquoi ça arrive et comment t’en débarrasser.
Le SFP, c’est une mauvaise répartition des contraintes entre :
ta rotule,
la gorge du fémur (trochlée),
et les forces musculaires qui guident la rotule.
En clair : ta rotule ne glisse plus comme il faut sur son rail → frottements → irritation → douleur.
Ce qu(on sait en 2025:
Le SFP n’est pas une usure, ni « l’arthrose qui commence », mais une mauvaise gestion de charge + faiblesse musculaire.
Parce que tu effectues des milliers de cycles de flexion-extension chaque semaine :
pédalage → flexion répétée
course → choc + valgus dynamique
natation (brasse surtout) → stress rotulien
transitions → changement brutal de biomécanique
Et surtout… tu enchaînes trois sports avec des gestes très différents.
👉 En vélo
Selle trop avancée ou trop reculée
Manivelles trop longues
Cadence trop basse (< 80 rpm)
Selle trop basse → surcharge fémoro-patellaire
👉 En course
Genou qui part vers l’intérieur (valgus dynamique)
Fessiers fatigués
Sur-stride (attaque talon loin devant)
👉 En natation
Battements toniques
Travail en brasse = pire ennemi du SFP
Tu te reconnaîtras si tu ressens :
douleur à l’avant du genou
douleur en descente / escaliers
douleur en sortie de vélo → course
difficulté à rester assis longtemps (signe du cinéma)
douleur après les séances intenses
genou qui craque sans douleur (pas grave)
👉 Le SFP fait rarement gonfler le genou.
👉 Ce n’est pas dangereux… mais ça ruine tes séances si tu n’agis pas.
Les études montrent clairement que le SFP répond à :
🔹 1. Renforcement fessiers + quadriceps
C’est LA thérapie reine (niveau de preuve A).
🔹 2. Correction des mouvements en valgus
L’alignement genou-cheville est essentiel.
🔹 3. Gestion de la charge
Diminuer un peu temporairement → remonter intelligemment.
🔹 4. Optimisation de la position vélo
Parfois, juste 5 mm de selle changent tout.
🔹 5. Travail de mobilité ciblé
Cheville + hanche → meilleure trajectoire rotulienne.
🔥 PHASE 1 — Calmer la douleur (1–2 semaines)
Tu peux continuer à t'entraîner, mais en adaptant.
✔️ 1. Ce que tu peux garder
Vélo à faible résistance (90+ rpm)
Natation crawl / pull buoy
Renfo haut du corps
Elliptique si besoin
✔️ 2. Ce que tu dois réduire
Course rapide, côtes, descentes
Vélo en force (60–70 rpm)
Travail brasse
✔️ 3. Outils utiles
Glace 15 min après les séances
Taping rotulien (kine)
Auto-massages quadri / TFL / fessiers
🔥 PHASE 2 — Renforcement ciblé (3–6 semaines)
🔹 1. Vaste interne + quadriceps
Squat partiel (0–45°)
Leg extension léger (élastique)
Step-down controlé
Fente courte
👉 Fais-les 3x/semaine, douleur ≤ 3/10.
🔹 2. Fessiers (prouvé essentiel)
Clamshell résistance
Pont fessier unilatéral
Abduction hanche élastique
Monster walk
👉 Fessiers forts = genou stable.
🔹 3. Contrôle du valgus
Miroir + feedback
Travail lent pied-genou-hanche alignés
🔹 4. Mollets / cheville
Une cheville rigide → plus de stress rotulien.
Montées sur pointe
Mobilité en fente (genou au mur)
🔥 PHASE 3 — Retour progressif à la course (2–4 semaines)
🏃 Ordre recommandé :
Marche/course alternée
Footing facile (20–30 min)
Cadence > 170
Accélérations légères
Séances tempo
VMA en dernier
👉 La douleur doit rester ≤ 3/10 pendant et après.
🛠️ Réglages vélo indispensables
Selle trop basse → douleur rotule ++
→ remonte par pas de 3–5 mm
Avancée de selle : recule légèrement si douleur en poussée
Cadence cible : 85–95 rpm
✔️ 1. Check ta cadence en vélo
👉 Si tu es souvent à 70–80 rpm, ton genou encaisse trop. Monte à 90–95.
✔️ 2. Raccourcis ta foulée
👉 Moins d’impact, mieux pour ton genou.
✔️ 3. Bosse tes fessiers toute l’année
👉 Ton genou te dira merci.
✔️ 4. Varie tes surfaces de course
Chemins > bitume pour quelques semaines.
✔️ 5. Évite la brasse
👉 Littéralement, c’est du poison pour ton genou en phase douloureuse.
✔️ 6. Ne t’arrête surtout pas complètement
👉 Un triathlète immobile, c’est un triathlète qui récupère mal.
⭐ 7. Prévention long terme
Pour éviter que ça revienne :
Renfo fessiers 2x/semaine
Mobilité cheville 5 min avant chaque séance
Cadence vélo stable 90–95 rpm
Chaussures de course adaptées
Volume augmenté max 10%/semaine
Le syndrome fémoro-patellaire n’est pas une fatalité.
Avec un renfo intelligent, un contrôle technique solide et quelques réglages vélo ciblés, tu peux non seulement courir et pédaler sans douleur, mais souvent devenir plus efficace dans ta biomécanique.
Benoit Faucher (Kinésithérapeute)